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Lucrèce Borgia

Capture d’écran 2017-01-30 à 15.12.25

Dans l’inconscient collectif, Lucrèce Borgia est une créature débauchée, cruelle, incestueuse, sanguinaire, bref, un monstre. Mais tous ceux qui ont écrit sur elle – au cinéma Abel Gance, Christian-Jacque, Walerian Borowczyk – au théâtre Mérimée, Alexandre Dumas, Victor Hugo, ont su tempérer ce portrait terrifiant en la peignant soit comme une amoureuse sincère et désintéressée, soit comme une mère infortunée qui attire la pitié. Dans le malheur, cette âme difforme retrouve une réelle et lumineuse beauté.

La tragédie grecque n’est pas loin : la pureté du sentiment qu’éprouve Lucrèce la contraint à se taire et cause fatalement sa perte et celle de l’être aimé.

Mais, en fait, la pièce de Victor Hugo relève du pur mélodrame : sentiments exacerbés, situations dramatiques, personnages impétueux, émotions poussées au paroxysme qui depuis le XIX° siècle enchantent le public populaire – le vrai public pour moi. Musset lui-même n’a-t-il pas clamé : « Et vive le mélo où Margot a pleuré »